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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 15:08

Michel Serres, professeur à l’université de Stanford, membre de l’Académie française :
serres 

« Confondre l’identité et l’appartenance est une faute de logique, réglée par les mathématiciens. Ou vous dites a est a, je suis je, et voilà l’identité ; ou vous dites a appartient à telle collection, et voilà l’appartenance. Cette erreur expose à dire n’importe quoi. Mais elle se double d’un crime politique : le racisme. […] Réduire quelqu’un à une seule de ses appartenances peut le condamner à la persécution. Or cette erreur, or cette injure nous les commettons quand nous disons : identité religieuse, culturelle, nationale… Non, il s’agit d’appartenances. Qui suis-je, alors ? Je suis je, voilà tout ; je suis aussi la somme de mes appartenances que je ne connaîtrai qu’à ma mort, car tout progrès consiste à entrer dans un nouveau groupe : [...] » (Source : Libération ; 19/11/09)

 



Claudine Attias-Donfut Sociologue, directrice de recherche à la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (CNAV) :
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« […] Il serait plus utile de débattre de notre modèle d'intégration. A mon sens, il faut tourner le dos à l'idée d'assimilation des étrangers, qui nie les différences et l'identité de chaque personne dans son appartenance. Il faut conserver l'esprit de l'intégration à la française en reconnaissant l'existence d'identités multiples. Améliorons l'enseignement de la langue française, préservons le creuset de l'école républicaine. Développons la participation à la société. Et en même temps, acceptons de reconnaître les autres religions, et la diversité de notre pays. La France est un vieux pays d'immigration qui s'ignore. Elle est constituée de citoyens de toutes origines, qui en font sa richesse. Elle doit apprendre à le reconnaître, sans cécité sur ses origines, en acceptant la diversité de ces influences. (source : Le Monde)

Michel Onfray Philosophe :
onfray 

« Pour moi, il y a deux façons de concevoir l'identité. Celle de l'identité du sang, de la race et l'autre de la raison et de l'intelligence. […] C'est une bonne occasion de dire que la France c'est la Révolution française, c'est une certaine conception de la République qui fait preuve d'ouverture, de solidarité et de fraternité. » (Source : Nouvel Observateur, 29/10/09)

Martine Aubry, Maire de Lille, Premier secrétaire du Parti Socialiste, Ancien ministre :
Aubry 

« Vous voyez bien la supercherie, je dirai même ce côté malsain extrêmement dangereux, quand on veut opposer identité nationale et immigration comme si aujourd’hui, […] le problème de l’identité de la France c’était les immigrés. […] Nous pensons que l’identité de la France n’est pas ethnique, pas religieuse, pas culturelle ; […] c’est l’appartenance à des valeurs communes […] » (Source : AFP ; émission RTL du 04/11/09)

François Hollande, Député de Corrèze, Ancien Premier secrétaire du PS :
Hollande 

« […] Alors, c’est aux Français que la question est posée sur leur identité ! Celle-ci peut être multiple : locale, nationale, européenne, mondiale, quand elle ne touche pas à d’autres éléments d’appartenance ou de reconnaissance. Mais, être Français est précisément une harmonie. Jamais une négation, une exclusion, une fermeture. C’est cette définition de la Nation qui n’a cessé de s’enrichir depuis la révolution française. Elle repose sur une histoire, avec ses moments de ferveur, de conquête, de libération, mais aussi ses mémoires blessées, notamment le fait colonial. Elle porte des valeurs - celle de la République - qui ont organisé le vivre ensemble dans la liberté et la diversité. Elle est un projet collectif : une volonté d’agir ensemble dans l’espace national ou dans le monde. C’est ce récit national qui permet de construire, au-delà de ce qui nous rassemble tous, les lignes de partage entre les cultures politiques, entre la gauche et la droite. Il y a une Nation et des façons d’être Français. La France ne se constate pas. Elle se bâtit. Elle est un combat perpétuel entre des aspirations contradictoires. Il y a plusieurs voies pour construire la France de demain. » (Source : Slate, 03/11/09)

Michel Rocard, Ancien Premier ministre :
Rocard 

« Cela ne me fait pas plaisir de rouvrir la conversation. Je trouve ça complètement imbécile. Il faut bien voir que cette logique de fabrication de la France se détruit si on la ferme. C’est une logique d’ouverture. La France se définit comme une sorte d’orgueil permanent. Moi je suis protestant. Cela veut dire que mes ancêtres sont considérés comme Français depuis ce jour mystérieux d’août 1789 où l’Assemblée constituante a fait citoyens français successivement les protestants, les juifs, les comédiens et les gens de couleur. Dans l’idée d’arrêter ce mouvement de générosité, il y a quelque chose qui me choque. Parce qu’ouvrir le débat, c’est rechercher l’écriture d’une formalisation instantanée de la description de ce qu’est l’identité française. Or, elle a été dans l’histoire complètement évolutive. Et après tout, si on décide que c’est à la date du 3 août 1789 que s’arrête la fabrication de la France, moi je cesse d’être citoyen.[…] « la France est la seule identité nationale au monde qui soit en définition évolutive et constamment en train d’agglomérer de nouvelles sensibilités et de nouvelles représentations linguistiques ou de couleurs de peau. » (Source : Le Nouvel Observateur, 02/11/09)

Ségolène Royal, Présidente du conseil régional de la Région Poitou-Charentes, Ancien ministre :
Royal 

"[…] C’est une opération de diversion et une opération de conquête d’un certain électorat avant les élections régionales. Mais je considère que ce débat est un vrai débat. [...] Où est-ce que nous voulons aller ensemble ? Qu’est-ce qui fait que les Français tiennent debout ensemble ? Ce débat est fondamental et je n’ai absolument pas peur de l’aborder. [...] Je pense qu’aujourd’hui, il y a un grave recul de ce qui fait le ciment de la nation française parce qu’il y a le recul du principe d’égalité, de toutes les formes de fraternité, le recul de la valeur humaine. Ce recul fragilise la nation et il faut remettre des règles » (Source : AFP, 28/10/09)

Claude Bartolone, Député de Seine-Saint-Denis (PS), Ancien ministre : 

« L’identité nationale et la fierté d’être Français ne sont rien d’autre que des slogans. Je préfère donc parler de citoyenneté républicaine. […] Elle tient en deux piliers. D’une part, l’école de la République. Une école capable de casser le destin social des plus modestes, capable de faire en sorte que les enfants n’héritent pas de la misère de leurs parents, capable de garantir l’apprentissage de la langue française à tous. D’autre part, la laïcité. Une laïcité exigeante qui ne promeut pas les oppositions, les concurrences religieuses, mais plutôt qui permet à chacun, quelle que soit sa croyance, d’être un citoyen de la République, égal en droits et en devoirs (Source : AFP ; blog de Claude BARTOLONE, 03/11/09)

Tao David, Dr en Philosophie politique et juridique – sur le blog PS Île de Ré :

« Une chose est sûre, l’identité de la France n’est plus ce qu’elle fut du temps de sa grandeur. Par le passé, la France était définie par son ouverture plutôt que par son repli nationaliste. C’est ainsi que Goethe et Benjamin Franklin ont pu écrire, à leur époque respective, ce qui reste un des meilleurs hommages au génie français, à savoir que : « Tout homme a deux patries, la sienne puis la France ».
La meilleure façon de redéfinir l’identité française serait donc de réinscrire, dans notre contemporanéité, le fait qu’en 1789, les Révolutionnaires, par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, faisaient de la France un pays unique dans sa responsabilité historique. Ils en ont fait une entité nationale tendue vers l’universel. En ce sens, la France n’a pas pour vocation d’être une nation au sens du XIXe ou de la première moitié du XXe siècle, à savoir une nation ennemie de toutes les autres. Les deux « guerres mondiales » n’ont été, en effet, que des guerres nationalistes, « des guerres civiles européennes », selon George Steiner, imposées aux autres peuples. La France mérite mieux qu’un renouveau nationaliste. »

Vincent Peillon, Député européen :
Peillon 

« La burqa ne menace pas l’identité nationale. Ce qui la menace c’est de fermer des classes, c’est le discours sur la laïcité, c’est de prendre de l’argent aux classes moyennes et aux pauvres pour le donner aux plus riches [...] la France n’a jamais parlé d’identité nationale. Il est dangereux d’ouvrir le débat comme ça. Il faut parler de la France » (Source : RMC, 26/10/09)

Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort, Ancien ministre :

« L’identité républicaine de la France se définit non pas par rapport à l’étranger, mais à travers des valeurs positives, de responsabilité, d’humanité et de droit […] L’identité de la France depuis 1789 se définit comme une identité républicaine, fondée sur une communauté de citoyens, dans les valeurs de liberté, égalité, fraternité. » (Source : déclaration publique, Sénat, 27/10/09)

Benoit Hamon, Porte parole du Parti Socialiste :
Hamon 

« Exploiter cette question de l’identité nationale sur le dos de celles et ceux qui sont les victimes de politiques antisociales, de remise en cause des droits, d’abandon des territoires, je trouve ça objectivement assez indigne. […] A gauche, "nous n’avons pas de problème avec l’identité nationale, ni avec la République, ni avec la liberté, ni avec l’égalité, ni avec la fraternité » (Source : Europe 1 ; 01/11/09)

Gérard Collomb, sénateur Maire de Lyon :
Collomb 

«  … le président de la République fait coïncider identité nationale et enracinement dans le terroir, au risque de sembler répéter de douteuses antiennes : «La terre, elle, ne ment pas ! » […] Contrairement à l’idée développée par Nicolas Sarkozy, la nation n’est pas simplement donnée, mais construite. Certes, elle plonge ses racines dans l’histoire - dans toute l’histoire d’ailleurs, sombre ou glorieuse -, mais elle est aussi une volonté de tous les jours. Pour que la nation puisse être perçue comme le bien commun de tous les Français, plus largement le bien commun de tous ceux qui résident sur notre sol, il faut d’abord qu’elle soit porteuse d’espoir. C’est dans la misère des banlieues, dans celle des quartiers désertés par l’Etat, que se développent les intégrismes, les fanatismes, le rejet de l’identité nationale. […] La France pourrait d’autant mieux relever ces défis qu’elle saurait présenter le visage d’un pays généreux, accueillant, terre d’une liberté qui résonne dans l’esprit des peuples du monde entier. […] Cela suppose que chacun soit persuadé que l’Etat lui offre, aujourd’hui, les mêmes chances de réussite, où qu’il habite, quels que soient son origine et son statut social. Que le gouvernement agisse ainsi, et la question de l’identité nationale se posera avec moins d’acuité ! […] Défendre l’identité française ne saurait donc se réduire à convoquer l’histoire. C’est le présent qu’il faut bâtir, c’est l’avenir qu’il faut inventer. Car c’est ainsi, au-delà des inévitables contradictions d’une société, que se réalisera un nouveau consensus national, que se dégagera une véritable volonté de vivre ensemble dans une nation qui aura retrouvé sens et perspective.

Mais si, a contrario, la gauche se révélait désormais capable de prendre à bras-le-corps ces problématiques-là [la tranquillité publique, celle de la prise en compte de phénomènes migratoires - note JPS], elle aurait alors tout à gagner à engager un débat authentique sur l’identité nationale.

C’est sur ce terrain que ceux qui souhaitent ouvrir une vraie alternance doivent placer le débat de l’identité nationale. Pour cela, ils ne sauraient manquer d’audace. " (Source Libération du 8/11/09)

Identité nationale ou identité républicaine par Jean-Louis Ubaud, conseiller général PS 69 :

Le dictionnaire Larousse explique l’identité nationale en ces termes : « Caractère permanent et fondamental de quelqu'un, d'un groupe, qui fait son individualité, sa singularité : Personne qui cherche son identité. Identité nationale.»  [...] il est plus aisé de définir ce qui est pour nous fondamental pour notre pays : la France des droits de l’Homme, de la laïcité, de la démocratie, de l’école publique, du savoir et de la culture, de l’égalité sociale, de l’universalisme et de l’ouverture sur le monde [...]  C’est donc plutôt une affirmation de l’identité Républicaine que nous devons défendre, car c’est bien sur la base des valeurs de celle-ci que nous avons construit et défendu en France une société républicaine que nous voulons réaffirmer comme notre identité et notre avenir collectif. [...] Les Français ne doutent pas de leur identité, ils veulent la défendre, la faire vivre et évoluer en étant au cœur du 21ème siècle. Les Français sont fidèles à leur histoire, revendiquent une vision civique, solidaire et républicaine de la nation et non pas ethnique ou particulariste qui laisserait l’identité s’enfermer dans des critères d’appartenance et donc d’exclusion.

Nous devons donc à travers ce débat porter nos valeurs, celles de l’identité républicaine fruit de l’histoire de notre nation et dénoncer la démagogie électoraliste de Nicolas Sarkozy qui utilise pour des objectifs électoraux à courte vue l’essence même de notre nation issue du siècle des lumières et de la révolution française.

Les Socialistes et la Nation - par Serge Bossini, Gwenegan Bui et Guillaume Blanc :

« [...] aujourd’hui, avant d’être un sentiment, une appartenance, une identité culturelle ou linguistique, voire religieuse, la nationalité est un caractère juridique des personnes. [...] français ou étranger. Il y a une frontière invisible, non géographique mais juridique, qui court entre les hommes et qui les sépare en deux camps. Une définition aussi claire constitue un premier défi aux socialistes, qui sont intrinsèquement internationalistes, [...]  Une définition aussi claire montre à l’inverse qu’il n’y a pas en France de problème d’immigration. C’est en effet une particularité démographique française : avec un solde migratoire représentant 1,7 ‰ de sa population, la France est un pays de faible immigration annuelle [...] « la France, à la différence de ses voisins, est un vieux pays d’immigration. À de rares exceptions près, comme la crise des années 1930 ou le choc de 1974, elle accueille des migrants depuis le milieu du XIXème siècle. ». Ainsi, « près d’un Français sur quatre a au moins un grand-parent immigré et l’on arriverait sans peine à un Français sur trois avec une génération de plus. » En effet, « pour modifier la composition de la population, une immigration n’a nul besoin d’être massive (…) ; il suffit qu’elle persiste des décennies durant. L’infusion durable fait mieux que l’intrusion massive (…). » [...] les socialistes doivent rappeler qu’être Français, c’est accepter de vivre dans ce mélange imparfait et incessant. [...] Les sondages montrent que les Français pensent que la France est l’un des premiers pays d’Europe par l’intensité des flux migratoires [...]. Ils pensent également, selon les sondages, que la France accueille 30 % d’étrangers, alors qu’elle n’en accueille pas 10 %. [...] Ce n’est pas la présence d’étrangers sur notre sol qui pose problème, mais l’intégration de tous les Français, quelles que soient leurs origines, dans un ensemble cohérent. [...] Une telle politique recoupe par ailleurs les politiques de justice sociale et de laïcité. [...] Les socialistes doivent dire et redire que ce ne sont pas les flux migratoires qui posent problème, mais le fait que la communauté nationale ne reconnaisse pas une partie des siens parce qu’ils n’ont pas la même couleur de peau ou les mêmes références culturelles. [...] La valeur centrale des socialistes n’est pas la nation fer de lance de l’identité, mais la fraternité.

Les socialistes se retrouvent tous sur l’idée que la position d’un homme dans la société ne doit pas être déterminée par des données extrinsèques (nationalité, capital familial, handicap, prédestination des âmes…), mais par les variables intrinsèques de ses actes en conscience et en responsabilité. [...] Ce serait un contresens de proposer à chacun de se fondre dans une nation qui serait un moule unique : à l’inverse, il faut promouvoir une laïcité comme droit à l’indifférence chasser de l’espace public et de l’état civil ce qui doit relever de l’intimité. Il faut que les socialistes eux-mêmes cessent à cet égard de segmenter la nation en catégories intimes, de représenter une société découpée en tranches et non mise en mouvement dans un projet universel.  [...] C’est par l’universalisme, pas par le nationalisme ni par le multiculturalisme, qu’on sera à la fois fidèle à nos valeurs socialistes et ancré dans le XIXème siècle. »  Publié dans Socialisme et territoires

Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités :
Hirsch 

Moi, je trouve plus essentiel le débat sur l'identité européenne ou sur le modèle européen ou sur ce qui nous unit en Europe au moment où les institutions bougent. Je trouve que la France n'a pas de problème d'identité. (RMC 29/10)

Xavier Darcos, Ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville :
Darcos 

« Ce débat me paraît fondé. Car la France a une conception de la nation qui lui est propre : avec le droit du sol, est Français quiconque est né en France. Donc, par définition, nous avons une nation qui est un creuset de gens extrêmement différents, et qui est en perpétuelle évolution. La place de l’Islam par exemple n’était pas du tout la même, il y a cinquante ans. La question de l’identité nationale doit donc être posée régulièrement ». (Source : La Croix, 30/10/09)

Dominique de Villepin, avocat, ancien Premier ministre :
Villepin 

"Il n'est pas besoin de grand débat sur la République, sur l'identité nationale. Il est simplement nécessaire de faire vivre les principes qui sont les nôtres : liberté, égalité, fraternité" (Source : AFP, 27/10/09)

François-Noël Buffet, Sénateur du Rhône (UMP) :

« L’identité nationale est un vrai sujet qui intéresse les Français, tous les Français, sans exception. [...] Le débat devra permettre de valoriser l’apport de l’immigration à l’identité nationale, et de proposer des actions permettant de mieux faire partager les valeurs de l’identité nationale à chaque étape du parcours d’intégration » (Source : AFP, 27/10/09)

François Bayrou, Député des Pyrénées-Atlantiques (Modem), Ancien ministre, Président du Modem :
Bayrou 

« L’identité nationale n’appartient pas aux politiques. C’est comme l’histoire, il n’appartient pas aux politiques de s’en accaparer […] C’est une identité toujours en construction. Elle est fondée pour nous sur des valeurs : liberté, égalité, fraternité en premier et intègre tous ceux qui avec le temps s’y rattachent ». (Source : AFP, 26/10/09)

Nous ne débattrons pas :
 Débattre

« Mediapart lance avec deux cents personnalités un appel à refuser le «grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir. Nous souhaitons que cet appel soit à l'origine d'une grande pétition citoyenne qui suscite un vaste rassemblement.

Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.

Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers.

Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission.

La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples. 


ET TOI ?

Super Besson 

Bonne lecture et bonne année à tous!
 

Par Jean-Paul Schmitt - Publié dans : politique
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 15:02

3- EXTRAITS DE QUELQUES TEXTES FONDATEURS

3.1- La Constitution

Préambule : Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu'aux droits et devoirs définis dans la Charte de l'environnement de 2004.

Les deux premiers articles de la Constitution esquissent la définition de l'identité nationale et désignent les emblèmes français.

Article 1 : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.

Article 2 : La langue de la République est le français. 
L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. 
L'hymne national est La Marseillaise. 
La devise de la République est "Liberté, Égalité, Fraternité". 
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

3.2- La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

Article premier : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article III : Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article VI :  La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Article X :  Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

Article XI : La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

3.3- La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948

Article premier : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2 :

1. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 7 : Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Par Jean-Paul Schmitt - Publié dans : politique
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 19:44
Voici la suite
Jean-Paul Schmitt

2- Rappel historique des principales notions

2.1-  Nation

In Wikipédia :

Au sens moderne du terme, « nation » a une signification à dominante politique. Une nation est d'une part un État (comme dans l'expression « Organisation des nations unies »), et d'autre part un peuple ayant l'objectif politique de maintenir ou de créer un État.

Des groupes ne bénéficiant pas d'une organisation en État se définissent cependant comme une nation, avec l'objectif de constituer un État ou au moins une structure politique autonome. Les nationalistes bretons, juifs, corses, basques, écossais, algériens, catalans ou québécois ont ainsi revendiqué un État pour leur population de référence, certains finissant par l'obtenir.

Par exemple, au Canada, la Chambre des communes a voté, le 27 novembre 2006, à une majorité écrasante, en faveur d'une motion qui reconnait que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni », cette démarche se voulant surtout symbolique.  Dans le but d'obtenir un État ou des droits spécifiques, les groupes se présentant comme une « nation » ont souvent tenté de définir la dite « nation », et donc de la légitimer, par des critères historiques.

 

In Larousse :

 « Ensemble des êtres humains vivant dans un même territoire, ayant une communauté d'origine, d'histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant une communauté politique.

 Entité abstraite, collective et indivisible, distincte des individus qui la composent et titulaire de la souveraineté. »

Au-delà de cette description « encyclopédique », le concept de Nation relève en gros de deux grandes conceptions fortement différenciées : celle, allemande, de Fichte (la nation, selon Fichte, a des caractéristiques objectives : culture, race, religion, histoire, langue etc.), et celle, française, issue des Lumières et bien décrite par Renan dans laquelle la nation est un vouloir-vivre ensemble
 image1image2

De Ernest RENAN : Qu'est-ce qu'une nation ?, 1882.

« Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L'existence d'une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de vie. »
 

De Maurice Barrès : " L’éducation nationale ", Le Journal, 30 octobre 1899 :

Il y définit l’identité nationale par la "terre et les morts" et explique l’enracinement dans le sol natal et la cascade des générations comme principes d’" une commune manière de sentir et de réagir ". Il ajoute : « C’est [pourquoi] tant de naturalisés, quels que soient leur mérite personnel et leur bonne intention, qui n’ont pas avec nous cette communauté de race, de sang et d’histoire, ne sauraient sentir comme nous sentons, et surtout dans les questions nationales ». C’est très proche des thèses lepénistes.

 Barres

in Larousse :

« De plus le concept de nation a été parfois critiqué. La nation a été fondée, en France, sur une logique d'égalisation : suppression des corps intermédiaires, des langues régionales, des privilèges et des particularismes. Toutefois, elle subit deux types de critiques principales. D'une part, pour les tenants de la lutte des classes, la nation est un leurre idéologique destiné à masquer les conflits d'intérêts entre les différentes classes sociales. Le socialisme s'est donc réclamé de l'internationalisme contre le nationalisme jugé « bourgeois ».

D'autre part, pour ceux qui revendiquent le droit à la différence (culturelle, linguistique, etc.) à l'intérieur d'un pays, l'idée de nation apparaît comme l'instrument d'une uniformisation autoritaire. Ainsi, les revendications liées à l'autonomie du pouvoir régional sont, pour l'essentiel, une contestation de la nation. De plus, l'idéal européen a mis en cause les vieilles nations : la logique d'une Europe fédérale s'oppose au maintien des souverainetés nationales. Le débat entre fédéralistes et souverainistes est loin d'être clos.

La nation est donc le peuple constitué en corps politique. L'État est l'organisation juridique de la nation. La Constitution de la Vème République se réfère toujours au préambule de 1789. Il semble qu'à l'heure du multiculturalisme et des problèmes d'intégration la référence à une nation comme principe d'égalité et facteur de cohésion sociale soit encore d'actualité. »


2.2 – Identité nationale


La notion apparaît dans les années 50 aux Etats-Unis, mais c'est surtout après 68 que l'expression se diffuse dans le cadre du militantisme multiculturel. Dans le prolongement des combats contre la colonisation, les mouvements régionalistes et les porte-parole des minorités ethniques se mobilisent pour défendre leur identité de nations opprimées. Dès le début des années 70, en France, les intellectuels de la nouvelle droite, autour du Gréce
[Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne, ndlr], travaillent au retournement de cette notion. Cela donne : «Nous aussi, nous avons le droit d'avoir une identité. Et les immigrés qui arrivent chez nous menacent cette identité.» L'autre moment clé, c'est les années 80 lorsque le Front national récupère cette expression pour en faire un thème central de son discours.
 

Le nationalisme de Barrès et le patriotisme de Jaurès. (selon Gérard Noiriel in "A quoi sert l'identité nationale"

Historien, directeur d’études à l’EHESS, membre du Comité de vigilance sur les usages de l’histoire (CVUH), Gérard Noiriel est membre démissionnaire du conseil scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration)

Le paroxysme de la ferveur patriotique est atteint lors de la 3e République. Les symboles de la nation deviennent visibles sur tous les fronts : représentation de la France sur les cartes géographiques, imposition de héros nationaux par l’École de Jules Ferry ; la Marseillaise devient l’hymne national et le 14 juillet, une fête nationale. Tous ces éléments renforcent les consciences et l’identification des individus à leur nation.

Or, l’auteur distingue de manière flagrante à travers les exemples de Barrès et de Jaurès, les diverses conceptions qu’a pu prendre l’identité nationale. Ainsi, face aux menaces de l’Allemagne, la France se devait de ressouder la population de son pays. Définir au plus vite l’identité nationale était donc vital. Barrès propose deux voies pour renforcer le sentiment national : ce que Noiriel nomme la « haine du voisin » ainsi que la référence au passé à travers les commémorations afin de souder les vivants aux morts. L’identité nationale se résume donc au rejet de l’étranger « qui n’aime pas la France ». Cette haine prend forme dans les préjugés raciaux qui sont au fondement de l’œuvre de Barrès.

Jaures
Jaurès, quant à lui, préfère parler de « patriotisme », renvoyant à ceux qui aiment la France. Cependant, la question nationale n’est en aucun cas le pilier de son programme politique : il préfère la subordonner à la question sociale. Pour lui, il est indispensable de lutter par une révolution pacifique contre les injustices économiques provenant de l’exploitation patronale des ouvriers. Ainsi, il cherche à concilier, tout en plaidant pour la paix, la défense de l’intérêt national avec les idéaux universalistes du mouvement ouvrier.


2.3- l'association entre «immigration» et «identité nationale»

« En étudiant les discours sur le sujet, on s'aperçoit que ce ne sont pas tellement les arguments qui comptent, mais les mots. Lorsque Drumont écrit la France juive, en 1886, l'impact de son livre ne tient pas tellement à ses arguments qui sont d'une ineptie totale, mais à sa capacité à créer des associations d'idées dans l'esprit des gens. À chaque page, il martèle l'association espion, allemand et juif, et après celle-ci fonctionne toute seule dans le cerveau des gens. Le Front national a fait la même chose au début des années 80 avec l'association entre «immigration» et «identité nationale». C'est pourquoi, cette formule est pour nous totalement inadmissible. » - Gérard Noiriel, historien démissionnaire de la Cité de l'histoire de l'immigration, entretien à Libération le 16 juillet 2007.
Un FN réjoui 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 
Par Jean-Paul Schmitt - Publié dans : politique
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 19:18

Jean-Paul Schmitt

Contribution au débat mené lors de l’AG de la section PS Lyon 5

Le 17 décembre 2009


DÉBAT SUR L’IDENTITÉ NATIONALE – PS Lyon 5, le 17/12/09

Plan :

1- Rappel du propos

1.1- Le candidat Sarkozy en 2007

1.2- l’objectif affiché du débat

1.3- son organisation

2- Rappel historique des principales notions

2.1- nation

2.2- identité nationale

2.3- l'association entre «immigration» et «identité nationale»

3- Les principaux textes fondateurs

3.1- la Constitution

3.2- la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

3.3- la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

4- Le positionnement du PS et de quelques-unes des personnalités actuelles

 

1- Rappel du propos

·      1.1- La position du Candidat Sarkozy

En meeting à la Martinique en mars 2007 : « Je continuerai à parler de notre identité nationale car je crois que l’identité, pour un peuple, c’est quelque chose d’essentiel. »

En meeting à Caen, le 10 mars 2007 : « La France est un pays ouvert, mais ceux que nous accueillons doivent prendre en compte nos valeurs. (…) On ne peut pas parler d’intégration sans dire ce que nous sommes, ce qu’est la France. ». Il reprend le slogan de l’extrême droite – « La France tu l’aimes ou tu la quittes ! » – à sa façon, aussi brutale : « Ceux qui méprisent la France, ceux qui la haïssent ne sont pas obligés de rester ». Quand il se radoucit, ça donne : « L’immigration, c’est la France dans trente ans. Si on n’explique pas aux futurs Français ce que c’est que l’identité française, il ne faut pas s’étonner que l’intégration ne marche pas. »

« Le discours de campagne de Nicolas Sarkozy est saturé de la thématique nationale : dans les six discours de fin de campagne, de celui de Tours le 10 avril à celui de Marseille le 19, les termes “France” et “Français” reviennent respectivement 395 et 212 fois, soit une centaine d’occurrences par discours et prépare ains la thématique de l’identité nationale la fondant implicitement contre une centralité parisienne déconnectée des réalités locales, ce qui ouvre la voie à la dénonciation d’une gauche bourgeoise, urbaine, mondaine, loin du travailleur, etc... en bref, parisienne et coupée de la nation et de ses réalités sociales. » - L’histoire par Nicolas Sarkozy : le rêve passéiste d’un futur national-libéral par le CVUH, Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire, coordonné par Sylvie Aprile (Université de Tours), le 30 avril 2007

·      1.2- L’objectif affiché du débat actuel

« Ce débat répond aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes, dont l’affaire de la Burqa est l’une des illustrations. Au moment même où l’Union européenne franchit une nouvelle étape de son intégration, et où la crise économique et financière internationale démontre combien la mondialisation rend l’avenir des Nations interdépendant, il a pour objectif d’associer l’ensemble de nos concitoyens à une réflexion de fond sur ce que signifie, en ce début de 21ème siècle, « être Français ». 

Ce débat doit tout d’abord favoriser la construction d’une vision mieux partagée de ce qu’est l’identité nationale aujourd’hui. Il doit aussi faire émerger, à partir de propositions mises en débat par les différents participants, des actions permettant de conforter notre identité nationale, et de réaffirmer les valeurs républicaines et la fierté d’être Français. » - Site du débat

·      1.3- L’organisation du débat

- À compter du lundi 2 novembre 2009, et jusqu’au 31 janvier 2010. Clôturer le 4 février 2010 par un colloque sur l’identité nationale.

- Un site dédié

- Des réunions dans chaque département, animées soit par un membre du corps préfectoral, soit par un ou plusieurs parlementaires nationaux, députés ou sénateurs, ou européens. Ces réunions sont ouvertes aux forces vives de la Nation : parlementaires et élus locaux, réseaux des élus de la diversité, mouvements associatifs, sportifs et d’éducation populaire, enseignants, élèves et parents d’élèves de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, organisations syndicales et patronales, représentants des cultes, associations patriotiques, etc… Ces débats locaux devront être ouverts au public dans toute la mesure du possible.

- Un questionnaire - type


Par Section PS de Lyon 5 - Publié dans : politique
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 16:54
Chers tous,

J'ai le plaisir de vous convier à la prochaine réunion de section qui aura lieu le vendredi 27 Novembre 2009 à partir de 20h00, au nouveau siège de la fédération du PS (65 cours de la liberté, 69003).

Lors de cette réunion, nous discuterons de l’ordre du jour suivant :

- Elections régionales (présence de Thierry Philip)
- La vie de la section (journal + Blog)
- L’arrondissement
- Divers


Amitiés socialistes,

Le Secrétaire de Section ,  Jamel Chargui
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